L’arsine, également appelée trihydrure d’arsenic ou hydrogène arsénié, est utilisée notamment dans l’industrie électronique pour le dopage des semi-conducteurs. Elle peut aussi se former accidentellement lors du traitement de métaux ou de matières contenant de l’arsenic, notamment au cours de certaines opérations de décapage acide.
À température ambiante, elle se présente sous forme d’un gaz incolore, plus lourd que l’air et extrêmement toxique. Inodore à l’état naissant, elle peut prendre une odeur d’ail par oxydation à l’air. Cette odeur ne constitue pas un moyen fiable de détection.

Détecteurs proposés
1Principales propriétés
L’INRS rapporte des plages de valeurs pour les limites d’inflammabilité. Ces données ne constituent pas des réglages d’alarme.
2Quels sont les dangers ?
L’arsine est mortelle par inhalation. Elle provoque une destruction des globules rouges, appelée hémolyse, pouvant entraîner une anémie sévère et une insuffisance rénale aiguë. D’autres atteintes, notamment hépatiques, neurologiques ou pulmonaires, sont possibles.
Les premiers symptômes peuvent apparaître plusieurs heures après l’exposition : maux de tête, faiblesse, nausées, douleurs abdominales ou musculaires et urines rougeâtres ou foncées.
Toute suspicion d’exposition aiguë constitue une urgence médicale, même en l’absence de symptômes immédiats.
L’arsine est également extrêmement inflammable. Elle peut réagir violemment avec des oxydants forts, notamment le chlore et le fluor, avec un risque d’explosion. Elle est aussi très toxique pour les organismes aquatiques, avec des effets durables.
3Quelles valeurs d’exposition professionnelle ?
La base VLEP de l’INRS, mise à jour en janvier 2026, rattache l’arsine à l’entrée concernant l’acide arsénique, ses sels et les composés inorganiques de l’arsenic :
| Période de référence | Valeur | Statut |
|---|---|---|
| Moyenne sur 8 heures | 0,01 mg/m³ | Valeur limite réglementaire indicative |
| Court terme | Non renseignée dans cette entrée | — |
Attention à l’unité : la base VLEP indique 0,01 mg/m³. Le tableau de la fiche toxicologique n° 53 présente une discordance en plaçant cette valeur dans la colonne ppm. Elle ne doit donc pas être recopiée comme « 0,01 ppm ».
Cette valeur d’exposition ne constitue pas, à elle seule, un réglage d’alarme pour un détecteur d’arsine.
4Comment prévenir les risques ?
La prévention repose sur le confinement des procédés, le captage des émissions à la source et une ventilation adaptée. L’INRS recommande un contrôle continu de l’atmosphère en arsine, y compris lorsque sa formation peut être accidentelle.
L’accès aux zones à risque doit être réservé au personnel autorisé et formé. Ne jamais travailler seul avec de l’arsine. Les équipements, raccords et matériaux doivent être compatibles avec le gaz et faire l’objet de contrôles adaptés.
Les bouteilles doivent être maintenues debout et arrimées, dans un emplacement frais et ventilé, à l’écart de la chaleur, des sources d’inflammation et des oxydants.
L’organisation des secours doit être définie à l’avance. Les interventions d’urgence nécessitent un appareil respiratoire isolant autonome et du personnel spécialement formé.
Sources : INRS, fiche toxicologique n° 53, « Trihydrure d’arsenic », édition d’octobre 2023 ; base VLEP de l’INRS, entrée relative aux composés inorganiques de l’arsenic, mise à jour de janvier 2026.



