Guide des gazN₂ · CAS 7727-37-9

Azote : propriétés, risques et prévention

L’azote, également appelé diazote, est utilisé pour l’inertage, la purge des installations, la conservation sous atmosphère protectrice et les applications cryogéniques. À température ambiante et à pression atmosphérique, il se présente sous forme d’un gaz incolore, inodore et non inflammable.

Cette fiche concerne l’azote gazeux et précise les dangers supplémentaires de l’azote liquide réfrigéré, utilisé notamment pour le refroidissement et la cryoconservation.

Molécule d'azote

Détecteurs proposés

1Principales propriétés

Formule chimique
N₂
Numéro CAS
7727-37-9
Masse molaire
28,01 g/mol
État physique à température ambiante et pression atmosphérique
Gaz
Température de fusion
−210 °C
à 1,013 bar
Température d’ébullition
−195,8 °C
à 1,013 bar
Densité relative du gaz
0,97
avec l’air = 1
Inflammabilité
Non inflammable

À température comparable, l’azote gazeux possède une densité proche de celle de l’air. En revanche, le gaz très froid provenant de l’évaporation d’azote liquide peut s’accumuler dans les parties basses. Sa dispersion dépend donc aussi de la température et de la ventilation.

2Quels sont les dangers ?

Le principal danger est l’asphyxie par appauvrissement de l’air en oxygène. Une fuite ou une évaporation d’azote liquide peut déplacer l’oxygène, particulièrement dans un local fermé, mal ventilé ou un espace confiné.

Le manque d’oxygène peut provoquer une diminution des capacités physiques et mentales, une perte de connaissance et la mort. L’absence d’odeur ne permet pas de repérer le danger.

L’azote liquide et les surfaces refroidies peuvent provoquer de graves gelures ou brûlures cryogéniques. Son évaporation entraîne une forte augmentation de volume ; une montée en pression dans un récipient inadapté peut provoquer son éclatement. Les bouteilles de gaz comprimé présentent également un danger lié à la pression, notamment lorsqu’elles sont chauffées.

3Quelles valeurs d’exposition professionnelle ?

Les sources de sécurité citées ne fournissent pas de VLEP chiffrée propre à l’azote. La prévention du risque d’asphyxie repose principalement sur la maîtrise des dégagements et la surveillance de la teneur en oxygène de l’air.

Un détecteur d’oxygène ne mesure pas directement l’azote : il signale l’appauvrissement en O₂. Les seuils d’alarme doivent être définis selon l’évaluation des risques et les exigences applicables au site.

4Comment prévenir les risques ?

La prévention repose sur une ventilation adaptée, la vérification de l’étanchéité des installations et l’utilisation de détecteurs d’oxygène lorsque des dégagements peuvent appauvrir l’atmosphère.

Les bouteilles doivent être sécurisées contre les chutes et protégées de la chaleur. L’azote liquide doit être conservé dans des récipients cryogéniques adaptés, permettant de gérer l’évaporation et la pression.

Pour les manipulations cryogéniques, prévoir des gants isolants contre le froid, une protection des yeux et du visage et des vêtements adaptés.

Un appareil respiratoire filtrant ne fournit pas d’oxygène. Les interventions en atmosphère appauvrie en oxygène nécessitent une protection respiratoire isolante adaptée et une organisation des secours préparée à l’avance.

Sources : OIT/OMS, fiche internationale de sécurité chimique ICSC 1198, « Azote, gaz comprimé » ; ICSC 1199, « Azote liquéfié » ; Air Liquide, Encyclopédie des gaz, « Azote » ; Air Liquide Santé France, prévention des risques liés à l’azote liquide.