Le dioxyde de carbone, également appelé gaz carbonique, est utilisé notamment dans l’industrie agroalimentaire, la gazéification des boissons, le refroidissement, le traitement de l’eau et les équipements d’extinction. Il peut aussi se former lors de combustions, de fermentations ou de la décomposition de matières organiques.
À température et pression ambiantes, il se présente sous forme d’un gaz incolore, inodore et plus lourd que l’air. Sous forme solide, il est appelé glace carbonique ou carboglace.

1Principales propriétés
À pression atmosphérique, la glace carbonique passe directement de l’état solide à l’état gazeux : −78,5 °C est une température de sublimation, et non un point d’ébullition.
2Quels sont les dangers ?
Le CO₂ est incombustible, mais il peut provoquer une intoxication grave lorsqu’il s’accumule dans un lieu insuffisamment ventilé, notamment une cave, une cuve ou un espace confiné.
Son danger ne se limite pas au déplacement de l’oxygène : une concentration élevée de CO₂ dans l’air entraîne une augmentation du CO₂ sanguin, appelée hypercapnie, et une acidification du sang. Une exposition peut provoquer une accélération de la respiration, des maux de tête, des vertiges, puis une perte de connaissance, des convulsions et un décès. Ces effets peuvent survenir rapidement à forte concentration.
Le contact avec la glace carbonique ou du CO₂ à très basse température peut également provoquer des brûlures par le froid.
3Quelles valeurs d’exposition professionnelle ?
La base VLEP de l’INRS, mise à jour en avril 2024, rapporte pour la France la valeur limite réglementaire indicative établie en 2007 suivante :
| Période de référence | ppm | mg/m³ |
|---|---|---|
| Moyenne sur 8 heures | 5 000 | 9 000 |
| Court terme | Non renseignée | Non renseignée |
5 000 ppm correspondent à 0,5 % en volume. Cette moyenne sur 8 heures ne constitue ni une limite instantanée de sécurité ni, à elle seule, un réglage d’alarme pour un détecteur.
4Comment prévenir les risques ?
La prévention repose sur le confinement des procédés lorsque cela est possible, le captage des émissions à la source et une ventilation adaptée. L’évaluation des risques détermine les besoins de surveillance de l’atmosphère.
La mesure de l’oxygène ne remplace pas la mesure du CO₂ : les effets propres au dioxyde de carbone justifient une surveillance adaptée à ce gaz lorsque le risque est identifié. Des détecteurs fixes ou portatifs permettent de mesurer sa concentration.
Les bouteilles doivent être stockées et utilisées debout, arrimées et protégées de la chaleur, dans un emplacement bien ventilé, conformément aux instructions du fournisseur.
En cas de fuite, évacuer la zone et appliquer les procédures d’urgence. Seuls des intervenants formés et correctement équipés doivent intervenir. Des appareils respiratoires autonomes isolants doivent être prévus pour les interventions d’urgence.
Sources : INRS, fiche toxicologique n° 238, « Dioxyde de carbone », édition de juin 2020 ; base VLEP de l’INRS, « Dioxyde de carbone », mise à jour d’avril 2024.