Le sulfure d’hydrogène, également appelé hydrogène sulfuré, est utilisé notamment dans la fabrication de composés soufrés et dans certaines opérations métallurgiques. Il peut aussi être présent dans le pétrole et le gaz naturel, ou se former lors de la décomposition de matières organiques en absence d’oxygène.
À température ambiante, il se présente sous forme d’un gaz incolore, plus lourd que l’air, à odeur caractéristique d’œuf pourri. Les égouts, fosses, stations d’épuration et installations pétrolières figurent parmi les environnements où une exposition est possible.

1Principales propriétés
Ces valeurs concernent le sulfure d’hydrogène pur. Ses propriétés inflammables doivent être considérées séparément de sa toxicité.
2Quels sont les dangers ?
Le H₂S est mortel par inhalation et extrêmement inflammable. Il est également très toxique pour les organismes aquatiques.
Il perturbe la respiration cellulaire et peut provoquer des atteintes neurologiques, respiratoires et cardiaques graves. Une intoxication importante peut entraîner un coma, des convulsions et un décès.
L’odeur ne constitue jamais un moyen fiable de détection. À forte concentration, le gaz peut anesthésier l’odorat : la disparition de l’odeur ne signifie pas que le danger a disparu.
Sa combustion produit des fumées toxiques contenant notamment du dioxyde de soufre, SO₂.
3Quelles valeurs d’exposition professionnelle ?
La fiche INRS de février 2024 rapporte pour la France les valeurs limites réglementaires contraignantes établies en 2012 suivantes :
| Période de référence | ppm | mg/m³ |
|---|---|---|
| Moyenne sur 8 heures | 5 | 7 |
| Court terme, 15 minutes | 10 | 14 |
Ces valeurs ne constituent pas, à elles seules, des réglages d’alarme pour un détecteur. Une mesure du risque d’explosion ne remplace pas la surveillance de l’exposition toxique au H₂S.
4Comment prévenir les risques ?
La prévention repose sur le travail en système clos lorsque cela est possible, le captage des émissions et une ventilation adaptée. Les équipements doivent être compatibles avec le H₂S et les conditions d’utilisation.
L’INRS recommande des contrôles fréquents de l’atmosphère, de préférence une surveillance permanente complétée par une alarme automatique. Les détecteurs doivent présenter une réponse adaptée, dont la spécificité et la justesse sont vérifiées.
Les interventions en espace confiné nécessitent une préparation particulière, comprenant l’évaluation des risques, le contrôle de l’atmosphère et l’organisation des secours. Les opérateurs doivent connaître les consignes d’alarme et les procédures d’urgence.
Sources : INRS, fiche toxicologique n° 32, « Sulfure d’hydrogène », édition de février 2024 ; base VLEP de l’INRS, « Hydrogène sulfuré », septembre 2022.